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Loup

Loup
Seul, perdu aux confins d'une sombre et gigantesque forêt
Le
loup avance.
La so
litude qui hante sa demeure a déteint,
L'a
transformé.
Dans u
n monde sans couleurs ni chaleur,
L
e Loup avance.
Lu
i-même ne sait pas ce qu'il cherche, ce qui l'attend.
Au
coeur de la nuit,
Comme la flamme d'une bougie, etoufdans l'obscurité,
Le Loup avance.
S
on coeur cogne contre ses côtes, l'air gonfle ses poumons,
Il
se sent vivre.
Po
urtant, les ténèbres encerclent son coeur et, peu à peu, s'en emparent.
La Lun
e, se teintant de ses reflets d'ombre et d'argent les plus majestueux,
Reste silencieuse, impuissante, son enfant seul, perdu, errant entre les arbres.
Le dô
me de la forêt se referme, isolant de la vie cette âme, enveloppe de chair.
Ar
rive un autre être.
Sous c
ette voûte de feuillage qui leur fait comme un toit,
Le Lou
p avance toujours, automate parfaitement reglé.
Calme
ment, sans précipitation.
Et
l'ignorance brille dans les yeux de l'Homme, ses mains se crispant convulsivement.
Compréhension
, détermination, dans les yeux du Loup.
Là, à l'abri
des regards, a lieu une rencontre, deux destins étroitement enchevêtrés.
Rouge, comme la
vie qui pulse en eux, comme le sang du Loup, répandu sur les feuilles.
Une couleur subtile, délicatement ourlée de noir.
L'u
n reprendra sa route, l'autre retournera à sa demeure.
Sous le dôme des
arbres, déjà, le sang du Loup se caille.
Loin, l'aut
re avance, la forêt derrière lui entamant son chant de deuil et de souffrance,
La Lun
e parée de ses plus beaux atouts.
Mais
plus loin encore, le Loup avance de nouveau, laissant,
Avachi telle une
loque sur le tapi des feuilles, son manteau de douleur,
Trempé des lar
mes versées par son coeur.
Etincela
nt comme une étoile dans la nuit, le Loup avance,
Lib
éré de tous poids, silencieusement et sans hâte.

Pourtant, qui pleurera la mort de Loup?
Y aura-t-il quelq
u'un, seul être même, qui ressentira les échos de sa chute silencieuse?

# Posté le mercredi 31 janvier 2007 12:31

Modifié le vendredi 01 février 2008 03:52

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