Parmi toutes ces couleurs tâchées dans les ténèbres,
A lieu le carnaval des jouets.
C'est fou, c'est effrayant, drôle, ridicule et démentiel;
Le carnaval des jouets.
A l'ombre de cette pièce depuis longtemps désertée,
Les clowns, tristes ou joyeux, éxécutent leur affolant, leur incessant ballet.
Entre les serpentins et les confettis qui semblent jaillir de leur costume bariolés,
Harlequin et Pierrot répétent leur numéro, automates d'une machine parfaitement réglée.
A chaque nouvelle représentation, ils semblent redécouvrir ces choses que nous avons tant vues, tant entendues...
les deux extrêmes, se mêlant pour ne plus être qu'un, juste équilibre de la balance,
Les jumeaux d'or et d'argent.
Tandis que les ours en peluche se dandinent tristement de droite à gauche en un mouvement imperturbable,
Les gracieuses poupées prennent le thé.
le carnaval des jouets, dans cette piéce déserte depuis longtemps abandonnée;
Chambre d'enfant où personne ne vit plus vraîment,
Mais où tout est resté, intact,
Comme figé dans l'obscurité, éclairé par le seul Carnaval,
Ses couleurs, ses prestations.
mais loin d'illustrer une quelconque allégresse,
S'en dégagent des ondes d'infinie solitude,
Comme un ennui, meublé par le silence,
Et toujours le Carnaval des Jouets,
Litanie, nostalgie, souvenir perdurant,
Mais sombrant, malgré tout.
A l'ombre de cette pièce confinée, exigüe,
Tout se meurt en douceur, en couleurs.
Quel enfant a quitté sa chambre ?
Peut-on tout arrêter sur une idées, un battement de coeur ?
Sur le lit d'une pièce uniformément blanche,
Un Enfant,
Roulé en boule, vit d'introspection.
Loin dans les méandres de son esprit,
A l' ombre des cyprés qui lui font comme un toit,
Il assiste en spectateur, assis sur le sol gris de poussière,
A l'éternel carnaval des jouets,
Pareil à une nostalgie, une fatalité....
