J'admire le sang des glaïeuls dont les visages s'offrent à mes yeux éperdus.
Sentiments ?
Perdue parmi les ombres, étouffée par un manteau de brume,
Les images perdurent et une horloge fait écho à mes oreilles.
« Sa » cruelle présence se fait plus que jamais ressentir.
Personnifiée, cette invisible entité jète un voile d'illusions devant mes yeux enfantins.
A l'innocence lacérée se succède l'âpre désespoir,
Ballet incessant se répétant jusqu'aux dernières lueurs du jour.
Les couleurs, si claires jusqu'alors, se mettent à couler en torrents,
Se noyant en un même absolu, maître de tous qui sur moi se pencha, m'avala,
Pour ne me laisser qu'une immense fatigue ;
Lassitude.
Euphorie inquiète se répandant encore autour de moi,
Nuage d'hésitation.
En ce pays où le silence est d'or,
Solitude est ma compagne.
Alors que les aiguilles du temps tournent à l'infini,
Mon sang, enfin, se tarie.
Panache odorant répandu en un voile carmin autour de mon corps immaculé.
Me laissant porter doucement, je laisse le noir remplacer lentement les couleurs,
Gommées par touches,
Comme à l'essence de Térébenthine.
